50 ans avec le Docteur (1/2) !

Je ne pouvais pas participer au mois anglais et ne pas vous parler de Doctor Who ! La série de SF à l’humour décalé so british est une institution au Royaume-Uni depuis des décennies et porte fièrement les couleurs britanniques partout dans le monde ! Encore une fois, les Britanniques sont des spécialistes du divertissement intelligent !  

I) Aux origines…

En 1962, la BBC voulait une série éducative pour un public familial : le voyage dans le temps aurait alors été un prétexte pour en apprendre  plus sur chaque période visitée. La série a été crée par la direction de la section drama de la chaîne, Sydney Newman, avec l’aide de la productrice Verity Lambert (ainsi que de quelques autres : Donald Wilson, C.E Webber, David Whitaker et Anthony Cobburn). La série a été une création de nombreuses personnes dès le début !

Le premier Docteur (joué par William Hartnell) est accompagné de sa petite fille Susan (une adolescente de 15/16 ans) et de deux professeurs embarqués contre leur gré. Le concept du TARDIS est là dès le pilote, il est déjà plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur et a l’apparence d’une Police Box !
Ils remontent d’abord jusqu’à la préhistoire…

Mais Terry Nation créa les Daleks dès le troisième épisode et la série se concentra très vite davantage sur le divertissement que les cours d’Histoire (tant mieux d’ailleurs, certains épisodes de la première saison sont trop didactiques à mon goût !) !
A l’époque tout est tourné en noir et blanc avec un budget minuscule et avec des délais très courts ! Il faut en tenir compte si vous revoyez les épisodes de la série classique… Malgré tout les scénaristes ne manquaient déjà pas de bonnes idées : un vaisseau vivant (le TARDIS), affrontement de voyageurs temporels, tentative de changer l’Histoire, pouvoirs psychiques… 

Dès les années 60, il y a même une vértiable « Dalekmania » en Grande Bretagne et des films Doctor Who sont produits (sans tenir compte de la continuité avec la série !) ! Les jouets, les romans et autre goodies apparaissent aussi à cette époque.
Mais bientôt, William Hartnell doit s’arrêter pour des raisons de santé alors que la série connaît un très gros succès ! C’est alors que naquit l’idée géniale qui permettra à la série de durer : la régénération (et le remplacement d’acteurs) !

Grâce à ce concept, Doctor Who est maintenant la plus vieille série de SF au monde et une des plus vieilles tout court (il n’y a guère quequelques soap-operas qui la battent) !

 

 

II) Run for your life

La série a été diffusée (presque) sans interruption entre le 23 novembre 1963 et le 6 décembre 1989. Durant ce temps, elle a été forcée d’évoluer avec son époque pour rester d’actualité !

Naturellement, il y a eu des changements techniques : les épisodes sont passés du noir et blanc à la couleur au cours de l’ère du deuxième Docteur, tournage en extérieur et avec davantage de caméras, arrivée de la HD et des CGI…
Le générique a gardé la même mélodie mais a également connu de nombreuses variations musicales et surtout graphiques :
voyez plutôt !

Changement majeur également, le schéma n’est plus le même depuis 2005 : la série fonctionne par saisons avec un fil rouge et des épisodes relativement clos (ou doubles épisodes) plutôt que par serials (histoires découpées en 2/4/6/8/12 épisodes et sans beaucoup de liens entre elles mis à part les personnages) ! Cela permet évidemment d’avoir un rythme plus rapide, adapté au goût des téléspectateurs modernes.

Mais les évolutions les plus importantes à mes yeux sont celle de la narration et de l’atmosphère !  On voit vraiment la différence de valeurs au sein de la société entre une Susan demoiselle en détresse peureuse, une Sarah-Jane intrépide et bien sûr les compagnes modernes,  la vision de la femme a (heureusement) bien changé !
Le Docteur a aussi évolué au contact de ses compagnons vers plus d’humanité (on voit d’ailleurs dans la série moderne que c’est pour cela qu’il a besoin d’eux : garder les pieds sur terre et un minimum d’empathie ordinaire !) mais aussi de traumatismes cachés et pas toujours bien cicatrisés…
 
Dans la version de 2005, les histoires sont aussi un peu moins manichéenes, là aussi la série reflète notre époque plus cynique !
Mais il y a quand même une certaine permanence, des choses inscrites dans l’ADN de la série presque depuis le début : les résolutions pacifiques des problèmes (autant que possible), l’humour décalé, le génie du Docteur, les voyages aléatoires du TARDIS…

 

J’ai vu plusieurs des épisodes classiques, notamment les débuts de One et quelques épisodes iconiques de Four.
Les épisodes les plus intéressants à mes yeux sont le pilote (An Unearthly Child), Les Daleks et The Time Meddler (il faut passer outre la lonnnnnnnnnngue intro, par contre !). Quant à Four, je conseillerai en priorité Genesis of The Daleks pour la mythologie et City of Death pour le décor et la légéreté !

 

 Malgré tout, dans les années 80 la série est en crise : départ de Tom Baker après 7 saisons (le très populaire Four), changement de ton pour rendre la série plus sérieuse, concurrence de Buck Roger et l’Agence tout risque, une direction à la BBC qui détestait la série, des controverses sur le ton plus sombre de l’ère Seven…Tous ces facteurs contribuèrent à l’annulation de la série en 1989.

Ce fut le début d’une longue traversée du désert pour la série. Malgré tout, l’univers Doctor Who n’était pas tout à fait mort : les romans, livres audios et comics continuaient les aventures du Docteur et la série restait très connue en Grande Bretagne… c’est pour cette raison qu’Hollywood s’y intéressait et qu’un projet de film fut mis en branle…

 

 

 

 

III Entre-deux

Le film est donc une production américano-britannique, et on sent malheureusement un peu trop l’influence d’ Hollywood…
Si Paul McGann est un excellent Eight et qu’il y a quelques jolis décors (le TARDIS victorien steampunk !), le scénario ne suit pas…Il y a des « scènes d’action » assez artificielles (la poursuite à moto…), une histoire d’amour cliché et peu crédible, un Maître ridicule et cartoonesque, bref, le film n’est pas vraiment convaincant ! Il était clairement destiné à lancer une série américaine et à attirer ainsi un nouveau public, mais si le film connut un certain succès en Grande Bretagne, il ne fonctionna pas aux Etats-Unis et le projet fut abandonné.

Outre ce raté, cette période connut aussi l’apparition d’une parodie écrite par un certain Steven Moffat et très fidèle à l’esprit original de la série.
Intitulée The Curse of Fatal Death (lien en VOSTFR), on y assiste au dernier affrontement du Docteur et du Maître dans une ambiance déjantée (enfin, encore plus que d’habitude) ! Même s’il s’agit d’une parodie, elle a connu un vrai succès auprès des fans de la série et Doctor Who Magazine lui a consacré plusieurs numéros (sans compter les Behind-the-scenes de la BBC) ! Malheureusement, elle n’est pas sortie en DVD…

Big Finish naquit également durant cette période. Durant les années 80, un groupe de fans (Audio Visuals) avaient créés ensemble des pièces audio (sans tenir aucun compte des copyrights, mais pour une fois une major a réagit intelligemment : la diffusion restait confidentielle et la BBC a simplement ignoré ces productions artisanales distribuées gratuitement) .
Une grande partie de ces fans se sont retrouvés pour former une société de production légale : Big Finsh est née en 1998.

Je n’ai pas lu les romans de Virgin (« New Adventures), mais par contre, j’ai acheté les comics du huitième Docteur (il y a 4 intégrales qui regroupent ses aventures sous ce format) et ils sont excellents ! Compagnes originales (extraterrestre, lesbienne), aventures echevelées avec un fil rouge pour des grands finales… 
Elle a d’abord publié des pièces audio adaptées de romans Doctor Who avant de publier leurs propres aventures des Docteurs de la série classique puis de se diversifier (spin-offs, séries Sherlock Holmes, Robin Hood, Dark Shadows…).
Pour Doctor Who, ils doivent se limiter aux éléments de la série avant 2005 : les aventures audio de la version 2005 sont en effet produites par la BBC !

Leurs productions sont généralement de qualité et je regrette simplement que les prix des CD et téléchargements soient assez élevés (surtout si on veut suivre les saisons d’un ou plusieurs Docteurs !) !

 
J’ai quand même pu écouter quelques-unes de leurs aventures audio du huitème Docteur et les aventures sont généralement bonnes (avec quelques chefs-d’oeuvre : The Natural History of Fear, et The Chimes of Midnight par exemple) ! Il faut que j’écoute les aventures des autres Docteurs… mais depuis que je ne vais plus en voiture au boulot, j’ai moins l’occasion d’écouter ces aventures audio (sans compter que j’aimerai voir les épisodes de la série classique avant pour connaître un peu mieux ces Docteurs) ! 
Cependant, il y a quelques one-shots, je vais me pencher dessus !
En plus, il va y avoir un « double-épisode » pour le cinquantième anniversaire avec Four, Five, Six, Seven et Eight ! Parfait pour compléter le film !

 

Mais Doctor Who ne se contentait pas de vivre grâce à son univers étendu… 
Tout une génération de réalisateurs et scénaristes qui avaient grandi avec la série travaillaient à présent à la télévision et n’avait pas oublié la série de leur enfance…

 

 

A suivre dans la deuxième partie de l’article !

 

 

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7 Réponses

  1. […] 50 ans du Docteur Who chez Jainaxf […]

  2. Geronimo ! Ton billet tombe bien, j’ai rendez-vous avec le Docteur ce soir ! 😉

  3. J’ai jamais trop exploré l’univers des Big Finish même je suis impressionnée par le boulot (et puis c’est fait avec les acteurs originaux quoi) mais les histoires audio c’est pas faciles à écouter (idéalement dans les transports mais faut avoir un bon casque).

    Je viens de finir la saison 3 de Hartnell, c’est un régal (enfin pas pour les yeux vu le nombre de reconstitutions, mais je trouve que y’a une inventivité de dingue, on ne sait jamais quelle idée folle ils vont sortir à l’épisode suivant xD).

    • Oui, il faut que je continue, je me suis arrêté au Time Meddler !
      Mais j’avoue avoir beaucoup de mal avec les reconstitutions photos…

      Les histoires de BF sont vraiment sympa, c’est vrai qu’il faut rester concentrer par contre, mais on peut les écouter en plusieurs fois pour se faciliter la tâche…

  4. De la série, je ne connais que les épisodes 2005. (donc, merci pour cette petite présentation !)

    C’est vrai que, spontanément, je suis plutôt réticente à regarder les séries antérieures (il y a tellement d’épisodes, certains ont l’air hyper kitch …). Malgré tout, je suis très curieuse de certains éléments dits mythologiques. Du coup, je note les épisodes que tu cites (sur One et Four) pour me faire une petite intro à la ‘vieille’ série !

    J’avais également essayer des romans dérivés mais je n’y ai pas retrouvé l’ambiance que j’aime tellement dans la série !

  5. […] – 50 ans avec le Docteur 1/2 (série classique) […]

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