Redshirts de John Scalzi

Je ne suis pas une fan de Star Trek, mais en tant que geek, j’ai forcément quelques connaissances de base (j’ai vu quelques épisode le la série originale et de Next Generation ainsi que le film de 2009 et j’ai tenté Star Trek : Deep Space Nine). Ce n’est pas indispensable, mais ça aide pour apprécier toutes les références humoristiques du bouquin (ne serait-ce que son titre) !

Synopsis :

L’Enseigne Andy Dahl est ravi : il vient d’obtenir un poste dans la section scientifique de L‘Intrépide, le fleuron de l’Union Universelle ! Mais l’équipage semble avoir un comportement étrange : ils évitent systématiquement l’équipe de commandement…sans compter les nombreux morts lors de missions d’exploration…

 

Voilà un roman de SF rafraîchissant et hilarant ! Il s’agit bien sûr d’un roman parodique, mais d’un bon roman parodique : il y a des personnages sympathiques, une intrigue déjantée…
Bref, une parodie affectueuse façon Galaxy Quest ou Final Frontier, et pas un Space Movie moisi!

Juste une petite remarque sur la VF : pourquoi avoir ajouté le  sous-titre « au mépris du danger »  ? Cela n’apporte aucune information concrète et rappelle plutôt les titres de séries mal traduits et sous-titres redondants des années 90 (Aux Frontières du Réel, Sliders : les mondes parallèles…) mais c’est peut-être un hommage parodique volontaire aux VF pourries? Dans ce cas, bravo, c’est une référence subtile que j’ai mis un peu de temps à saisir !
Après une introduction en fanfare, on nous présente tous les personnages principaux qui ont chacun une personnalité assez typée, mais sont davantage que de simples caricatures. Ensuite, l’intrigue démarre très vite et on ne s’ennuie pas une seconde avec la découverte du vaisseau, de l’équipage (hommage évidents à l’équipage original de Star Trek) et des premières missions d’exploration !

Naturellement, toute personne un peu familière avec Star Trek aura une longueur d’avance sur Andy et les autres, mais cela créé une connivence supplémentaire avec l’auteur !

En effet, on a ici un vrai roman humoristique, dans la même veine que ceux de Jasper Fforde et Terry Pratchett (ou même Miss Buncle’s Book) : l’humour provient principalement de la caricature, de la mise en abîme et des références « méta » (sur le genre et le médium eux-même) et du détournement des clichés connus !

 

Spoilers majeurs sur la deuxième partie du roman

Et puis, l’auteur ne se contente pas de parodier Star Trek, on a aussi un univers hollywoodien assez réaliste et des interactions pas piquées de vers entre les personnages et leurs acteurs, des réactions en chaîne, et un jeu méta qui continue jusqu’à la fin avec le blog de Nick…
Mais l’émotion est loin d’être absente du roman : il y a de nombreux morts dans l’univers de la série et tout n’est pas toujours rose à Hollywood non plus…

Fin spoilers

 

 

J’avais déjà beaucoup aimé la première série de l’auteur, Le vieil homme et la guerre (où il y avait déjà des passages humoristiques), mais là je suis conquise, l’auteur a su trouver le bon équilibre entre les références et le ton parodique et une intrigue intéressante !
En fait, je me rends compte que j’adore ce genre de roman léger mais qui raconte une histoire (surtout s’il y a des références aux genres que j’adore) alors que j’ai beaucoup de mal à trouver des séries télé purement  humoristiques qui me plaisent (mis à part Community que j’ai repris cette semaine et qui a elle aussi beaucoup de références geek) ! Le méta est définitivement ma tasse de thé !

D’ailleurs, ce sont presque toujours des auteurs britanniques (John Scalzi est une des exceptions qui a réussi a se réapproprié avec brio un symbole de la pop culture américaine) qui écrivent  ce genre de romans hybrides et délirants, je ne crois pas que ça soit un hasard… Ce sont des spécialistes de l’humour touchant et souvent plus profond qu’il n’y paraît ! Rule Britannia !! Hem, pardon, je resterai une éternelle amoureuse de la culture britannique, je crois !

 

 

Conclusion :

Un excellent roman prenant et vraiment drôle, indispensable pour tous les fans de Star Trek, de mise en abîme et de space-opera qui se dévore ! C’est aussi un très bon antidote si vous êtes déprimé et morose !

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12 Réponses

  1. Tu confirmes mon envie de lire celui-là ^^

  2. Tout d’accord avec toi !
    Bon, moi je connais très peu de choses sur Star trek, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman (même si je n’ai donc pas compris toutes les références ou autres).

    Ahah pour le sous titre 😀 C’est vrai que ça fait un peu penser aux séries que tu cites 😛 Tu m’as bien fait rire en tout cas !

    J’aime aussi beaucoup Scalzi, depuis Le vieil homme et la guerre (d’ailleurs, ce serait bien que je lise les autres titres de cette série).
    Une valeur sure pour moi, qui me fait apprécier la SF, c’est quand même balèze !

    • Oh, je ne connais pas bien Star Trek, juste le minimum syndical
      geek ! 😉
      Merci, c’était l’idée, honnêtement, je pense que l’éditeur a dû tropuver plus vendeur…enfin, si le reste de la traduction est bonne, peu importe ! 🙂

      Oui, Scalzi est un bon auteur de SF ! Sinon, en bonne SF récente, tu as lu Little Brother de Cory Doctorow ?

  3. tu me donnes encore plus envie ! déjà que j’étais doublement conquise par les références trekkies et le côté humour. et puis je crois aussi bien aimer ce que t’appelle le méta, si je vois ce que c’est (le principe de la mise en abimes, les références ou les deux ?)

    c’est vrai que les sous titres redondant à rallonge c un peu spécial, mais c un problème avec les titres : que anglais c’est parfois abscon pour les non anglophiles, que français tu t’éloignes de la série originale (parfois c’est juste tellement marqueting que c’est abusé, genre « white collar » qui devient « fbi un duo très spécial » ?!! WTF ! en plus ça aurait pu marcher « les cols blancs »)… reste l’option des titres à rallonge : c trop long mais au moins c explicite lol. bref pas vraiment de solution idéale.
    pour en revenir a nos moutons (en plus j’écris à une main puisque j’ai ma cocotte sur les genoux !) c’est vrai que le sous-titrage du livre fait « vieille série ». et en anglais ça donne quoi, j’arrive pas trop à traduire ? ‘expendable’ c’est ‘dispensable’ mais ensuite ? et c’est quoi trois ‘codas’ ?

    ps :final frontier c pas un truc amateur en vo uniquement ? en tout cas si tu connais un sous titré vf fait moi signe !

    • Lis-le, en tant que fan de Star Trek tu devrai adorer !
      Alors oui, le méta, c’est quand un médium parle de lui-même et joue avec ses codes. Par exemple, la littérature qui parle de ses codes et joue avec (notes de bad de page chez Jasper Fforde) ou Galaxy Quest qui joue avec l’univers de Star Trek interne et externe !

      Certes, ce n’est pas toujours évident de traduire, mais là je trouve que le sous-titre n’apporte pas d’éclaircissements !
      « expendables », ça veut dire « sacrifiable » dans ce contexte !
      Je n’avais même pas remarqué les « three codas ». J’ai fais mes recherches et c’est parce que le livre a un format un peu particulier : un roman suivi de 3 nouvelles qui apportent des conclusions sur différents points sans être exactement dans le même ton. L’auteur explique sa démarche ici : http://whatever.scalzi.com/2012/05/31/a-note-about-the-format-of-redshirts/
      En musique, les codas sont des passages qui concluent un morceau (http://en.wikipedia.org/wiki/Coda_(music) !

      Enfin, Final Frontier est un JDR français de l’éditeur John Doe dans un univers parodique basé principalement sur Star Trek !

  4. […] Final Frontier (suite comme MJ) : suite et fin de mon adaptation du roman Redshirts ! J’ai passé un excellent après-midi avec plusieurs membres des J3ux sont faits avec ce […]

  5. […] Redshirtsde John Scalzi : encore un livre humoristique ! On y suit les aventures de membres d’équipage […]

  6. […] de corps…on s’amuse bien à la lecture (même si j’ai une préférence pour Redshirts et se mises en abîme […]

  7. […] même temps des valeurs humanistes ! Ce n’est pas un chef-d’œuvre (j’ai préféré Redshirts pour ma part), mais ce fut une lecture fort sympathique […]

  8. […] dans le thème de l’été : il s’agit de space-opera parodique (à la Galaxy Quest ou Redshirts) ! De son côté, Capharnaüm nous ramènera un peu dans le passé : on fait beaucoup de campagnes […]

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