Fin de série : Fringe

 

Voilà, avec la fin de Fringe, il n’y a plus aucune série de SF au format long (en format court il y a Le Visiteur du Futur et peut-être l’OTNI Utopia) que je regarde de manière régulière. Je ne considère pas Fringe comme une grande série (pas plus que Chuck, d’ailleurs), mais elle a toujours été sympathique (avec quelques moments d’excellence) et a eu le mérite d’exister dans le désert actuel désespérant pour les fans du genre…Étant donné les histoires de perturbations temporelles et d’uchronie, cet article sera une nouvelle participation au Winter Time Travel !

Pitch de départ:

Une agente du FBI, un savant fou (parfois littéralement), son fils et une technicienne enquêtent sur des phénomènes étranges à la limite des sciences connues qui semblent se multiplier de plus en plus…Y aurait-il un lien entre eux ?

 
Comme vous le voyez, les bases font effectivement penser à un remake d’X-Files (enfin ses épisodes indépendants), mais une mythologie apparaît en fin de saison 1 et je me suis rapidement attaché aux personnages (John Noble/Walter est excellent dès le début, mais les autres trouvent leur voix au fur et à mesure).

La mythologie mise en place par la série est d’abord basée sur

 

 

Spoilers sur la mythologie de la série :

l’existence de 2 univers parallèles qu’un événement a bouleversé et qui explique les « fringe events » rencontrés auparavant. C’est aussi l’occasion de découvrir le drame personnel de Walter et Peter.
Malheureusement, le format américain de 22 saisons oblige les scénaristes à fournir de nombreux épisodes de remplissage pour concentrer les développements mythologiques sur la mi-saison et les season finales…schéma qui se reproduira en saison 3, 4 et même (dans une moindre mesure), dans la dernière saison !
Ces contraintes commerciales de plus en plus prégnantes empêchent les scénaristes américains de développer une vraie série mythologique digne de ce nom, avec un rythme naturel (même Babylon 5 a un peu souffert de l’annulation/renouvellement de dernière minute en saison 4) et pensée dès le début. Les développements narratifs se font au jour le jour, avec des tentatives de réécriture du passé/toutéliage plus ou moins réussies.

De plus, les exigences d’un network grand-public freine les aspects mythologiques plus complexes, comme les effets des voyages temporels et autres paradoxes, assez obscurs pour les téléspectateurs qui ne sont pas fans de SF.

 

Avec toutes ces contraintes en tête, Fringe ne s’en est pas si mal tirée, même si on peut évidemment repérer de multiples incohérences scénaristiques suite aux différentes directions mythologiques prises…
A mes yeux, la partie mythologique la plus intéressante (et assez cohérente) reste le conflit entre les deux univers parallèles entre le milieu de la saison 2 et la fin de la saison 3 (même s’il reste encore trop d’épisodes indépendants à mon goût). Découvrir les versions alternatives de nos personnages préférés, les voir interagir de différente manière avec eux, avoir un méchant très crédible et humain en Walternate, profiter de petits clins d’oeils culturels…c’était très agréable !
L’univers parallèle est une uchronie légère, avec les zeppelins comme moyens de transports, un nouveau membre à l’équipe Fringe local , le fait que le 11 septembre n’ait pas eu lieu…
Bien sûr cet arc perd de sa force à cause des épisodes remplissages au milieu, mais malgré tout, il y a beaucoup de moments forts qui en valent la peine ! La fin (prévue comme un possible Series Finale à l’époque) laisse dans l’expectative avec la disparition de Peter et les changements profonds qui mènent à l’apparition d’une nouvelle ligne temporelle remplaçant celle de l’univers bleue.

La saison 4 m’a moins convaincue : le potentiel était là, mais cette nouvelle ligne temporelle ne change finalement pas grand-chose dans la vie des personnages, et dès que Peter revient (grâce aux traces inconscientes qu’il a laissé dans le subconscient de son père et d’Olivia et à leur amour pour lui) les choses reviennent assez vite au statut quo. Je n’ai jamais bien compris pourquoi la fausse Nina rend à Olivia ses souvenirs alternatifs ! Et puis, Bell en grand méchant n’a pas été très convaincant ! Malgré tout, j’ai bien aimé la nouvelle relation de Nina avec Olivia.

 

 

 

Cette saison 5 (où les scénaristes savaient avoir 13 épisodes pour conclure la série) s’est révélée être en demi-teinte…
Encore une fois, il y a eu des problèmes de rythme (la chasse au trésor pour les cassettes et longuette) et si il y a une tentative de toutéliage avec les saisons précédentes, tout ne s’emboîte pas bien et les paradoxes/illogismes temporels !

Premièrement je n’ai toujours pas compris pourquoi les Observateurs avaient envahi 2015 puisqu’ils savaient qu’ils domineraient le monde d’ici quelques siècles. Le seul effet de cette manoeuvre douteuse, c’est de mettre en place une Résistance humaine qui finira par les anéantir totalement !
De plus, le scientifique norvégien qui devait les créer n’existe plus dans cette nouvelle ligne temporelle. Bon on va dire que c’est une boucle temporelle dérivée du point de divergence (2015 au moment où les Observateurs arrivent), mais l’ancien futur de 2167 ne devrait plus être accessible aux protagonistes pour le modifier ! Après, je peux admettre que Walter disparaisse en 2015, ça doit être un point temporel mouvant entre les différentes lignes temporelles que chacun essaye de créer et que tout redevient stable ensuite…
La lettre est un joli clin d’œil, par contre la cassette qui la complète ne sert à rien, vu qu’elle disparaîtra si ils réussissent !

Bref, au niveau temporel, c’est un chaos très timey-wimey !

 

 

La série a introduit quelques trouvailles visuelles assez intéressantes au fil des saisons : génériques différent pour chaque univers/période, effets gores outranciers décalés (réutilisés dans ce finale)…

Mais le cœur de Fringe restera ses personnages.

Fringe est avant tout une histoire de famille recomposée de personnes isolées avec Walter et Peter bien entendu, mais aussi Olivia et Astrid, et dans une moindre mesure, Broyles et Nina (même Bell pourrait être considéré comme le mouton noir). L’évolution de tous ses personnages et leur attachement progressif fait plaisir à voir, et cette saison est réussie de ce point de vue avec une belle conclusion offert à chacun d’eux.

Peter et Walter bien sûr, avec leur relation difficile qui a fini par devenir une des plus belles relations père-fils de la télévision. Peter et Olivia ont une relation qui a évolué assez naturellement et qui reste solide malgré les obstacles.
Walter et Astrid qui n’ont jamais vraiment été mis sur le devant de la scène mais qui ont réussi à dépeindre une belle amitié, tout comme Broyles et la Fringe Team ou Nina face à Olivia et Walter.

 

Je me suis rendue compte ces derniers temps que je pouvais passer outre quelques incohérences mythologiques si j’étais attachée aux personnages et que leur évolution était crédible. C’est bien pour ça que j’ai regardé la série avec plaisir jusqu’au bout malgré mes agacements sur la mythologie ou le rythme !
C’est aussi mon problème avec les dernières saisons de Doctor Who : non seulement la mythologie était bancale et/ou bâclée dans sa résolution, mais en plus les émotions restaient assez superficielles…On a pas vraiment vu le développement de la relation Doctor/River, la fin émotionnelle des Pond est ratée…
De même, je n’ai jamais réussi à apprécier Lost ou Battlestar Galactica principalement parce qu’aucun des personnages ne m’a conquise (sans compter que je pressentais un peu que la mythologie était écrite au fur et à mesure) !

 

 

Conclusion :

A l’image de Chuck, mais dans un registre plus dramatique, Fringe est une série imparfaite mais attachante grâce à ses personnages ! Ce ne sera pas un chef-d’œuvre absolu, mais si vous cherché une série de SF sympathique et êtes prêts à supporter quelques incohérences en échange d’un bel arc émotionnel, je vous la conseille !

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8 Réponses

  1. « De même, je n’ai jamais réussi à apprécier Lost ou Battlestar Galactica principalement parce qu’aucun des personnages ne m’a conquise »‘
    Pour Lost je suis d’accord mais pour BSG, j’adore l’amiral (l’ex capitaine de Miami Vice… que j’adore également, on ne refait pas) et dans une moindre mesure Boomer et ses déclinaisons ainsi que Starbuck.

    « Voilà, avec la fin de Fringe, il n’y a plus aucune série de SF au format long (…) que je regarde de manière régulière. »
    Pfff. Les DVDs ça existe… Les Blue-Ray aussi (mais j’aime moins)

    • Justemment, quand j’ai appris que Bommer (la seule que j’aimais bien) était un cylon (et donc sans doute promise à une destinée tragique), ça m’a découragée ! Par contre je n’ai pas du tout accroché à Starbuck, trop stéréotypée (au moins au début) !

      POur les DVDs, je sais bien, je fais quand même un marathon B5 depuis des mois ! 😉 Mais c’est dur de trouver des séries de qualité avec une fin satisfaisante !

  2. « Mais c’est dur de trouver des séries de qualité avec une fin satisfaisante ! »
    Miami Vice, la plus belle fin d’une série policière. :p
    Babylon 5 , la plus belle fin d’une série SF. 😀
    Juste derrière, Deep Space Nine.
    Et évidemment Docteur House.

    • Ah, Babylon 5, je suis totalement d’accord, j’ai hâte de terminer mon marathon pour la revoir, d’ailleurs !
      Miami Vice ou Docteur House…pas vraiment mon genre de série ! 😉

      Quant à Deep Space Nine, je n’ai pas réussi à accrocher à la saison 1 : épisodes tous indépendants, ton assez gentillet (malgré la réputation de DS9 d’être la série la plus sombre de l’univers Star Trek) et personnages qui m’ont tous semblé assez stéréotypés et lisses…
      Peut-être que ça change plus tard, hein, mais je trouve que contrairement à B5, le potentiel futur de la série n’apparaît pas du tout dans la saison 1…

  3. « Miami Vice ou Docteur House…pas vraiment mon genre de série ! 😉 »
    Ah ma p’tite geekette, tu me fends le coeur ! 😉

    « le potentiel futur de la série n’apparaît pas du tout dans la saison 1 »
    Oui. Il faut attendre la saison 2 ou 3, ce qui est un gros défaut des Star Trek (sauf la série classique).

    • et après il y a des gens qui trouvent que B5 met du temps à démarrer ! 😉
      Bon, je retenterai peut-être un jour, est-ce qu’on peut sauter tout ou partie de la saison 1 (j’ai dû voir les 10/11 premiers épisodes) ?

  4. […] Fringe (US, bilan série) : si la série a eu des hauts et des bas, globalement ça reste une bonne série de SF avec une […]

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