Saison Brune de Philippe Squarzoni

Ca yest, j’ai fini ce pavé de près de 500 pages ! J’avais pris cet ouvrage au comité BD, parce que je voulais lire des choses que je ne lirai pas de mon propre chef (la présentation de la collègue était convaincante). Il s’agit d’une BD documentaire sur le réchauffement climatique…

Synopsis :
L’auteur nous raconte comment il s’est intéressé au phénomène, explique en détails ce qui le provoque, les risques sur l’environnement, les solutions possibles…

 

 

J’ai eu du mal à lire cette BD au début. Le manque d’une histoire avec du suspens, de protagonistes actifs…est inhérent au format, mais assez désarçonnant pour la lectrice de BD « classiques » que je suis, sans compter que je ne lis que très rarement des documentaires surtout sur des sujets comme celui-là.

Malgré ces réserves du début, l’auteur a fait un travail formidable pour expliquer les causes et les enjeux (même si je suis passée vite sur quelques détails techniques), en passant de sa vie personnelle au sort global de la planète tout en s’appuyant sur des références aux oeuvres de fiction pour illustrer son ouvrage…

Ce que l’on découvre au cours du livre est franchement terrifiant (c’est une des raisons pour laquelle j’ai fait une longue pause à la moitié de l’ouvrage) : tout le monde sait que le climat se réchauffe, mais on ignore généralement les conséquences exactes sur l’environnement comme sur les sociétés, les injustices climatiques à venir, le peu de temps qu’il reste pour enfin prendre des mesures pour limiter les dégâts…

 

Mais surtout il nous met face à notre aveuglement volontaire, notre « schizophrénie » comme il l’appelle. Tout le monde (à part quelques fanatiques) sait que le réchauffement climatique est en train de se produire…mais comme il n’est pas immédiat et visible, on préfère penser que quelques « BA » et mesures indolores suffiront sans que l’ont est besoin de modifier notre mode de vie, notre économie en profondeur…et que la science trouvera forcément une réponse le moment venu.

Moi la première, je fais des donations pour une organisation écologiste et je trie mes déchets, mais je laisse mon ordinateur allumé toute la journée pour des raisons de confort, j’aime avoir un appartement bien chauffé et bien éclairé en hiver (les ampoules basse consommation peuvent d’ailleurs parfois être contreproduction : dans mon ancienne chambre, il fallait attendre 2/3 minutes avant un éclairage correct…du coup je laissais allumé toute la soirée, même si je n’y étais pas), je prends la voiture pour des trajets de 3/4 kilomètres…
Serait-on prêt à ne plus prendre l’avion, ne plus acheter autant de gadgets technologiques (je vais sans doute m’acheter un ordinateur portable d’ici peu pour compléter/remplcaer mon vieux PC), ne plus manger autant de viande rouge…?
Et puis, les pays en développement veulent eux aussi ce mode de vie plein d’excès que la planète n’arrive déjà plus à supporter !

 

Les médias en parlent parfois, mais de manière très partielle avant de passer à autre chose (pas assez spectaculaire), et comme les guerres lointaines, les catastrophes économiques ou les menaces lentes et insidieuses en général, nous préférons ne plus y penser pour pouvoir mener nos vies tranquillement. La majorité d’entre nous sommes plus des Chamberlain que des Churchill… 
Cela me rappelle une citation d’une des nouvelles de Cthulhu :
« The most merciful thing in the world, I think, is the inability of the human mind to correlate all its contents. We live on a placid island of ignorance in the midst of black seas of infinity, and it was not meant that we should voyage far. »
Mais cette capacité à ignorer les indices clairs pourrait bien nous être fatale cette fois-ci.
« La fin du monde tel que nous le connaissons » n’est pas pour le 21 décembre mais bien pour le XXIème siècle avec de plus en plus de catastrophes climatiques, des injustices Nord-Sud encore aggravés,des conflits probables…
Certains romans d’anticipation semblent presque joyeux en comparaison !

 

Mais l’auteur montre aussi que nous sommes des produits de la société qui nous entoure et que seuls on ne  peut rien faire. Il montre ensuite à quel point le système politique en général est corrompu (au service des intérêts à court terme de quelques-uns), d’autant plus qu’il est associé à un capitalisme financier fou qui détruit le reste du tissu de la société…sans compter l’industrie énergétique et sa vision très égoïste !

 

Il y a des solutions possibles pour limiter les dégâts et s’adapter aux changements inévitables : consommer de manière plus responsable, favoriser les économies d’énergie, les transports en commun…Mais celà demanderait une prise de conscience collective, du courage politique, des mesures globales (quand on voit les précédents et la crédibilité de l’ONU en cas de crise, ce n’est pas gagné !)…
Bref, il y a de très fortes chances que les institutions et les populations décident « qu’il est urgent d’attendre », et que les changements soient subis dans les pires conditions possibles ! J’espère vraiment que l’auteur ait tort, mais sa vision des choses me semble la plus crédible.

 

 

Conclusion :

Une BD coup-de-poing qui explique précisemment tous les rouages du réchauffement climatique et ses conséquences, les raisons de l’immobilisme actuel…et qui rappelle l’urgence de la situation ! Indispensable (mais je vous déconseille de la lire si vous êtes dans une période de déprime !) !

Publicités

Une Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :