La trilogie berlinoise de Philip Kerr

Après les aléas de la semaine dernière, retour à la normale ! Je ne lis pas beaucoup de polars, mais j’avoue avoir un faible pour les romans policiers historiques ! La toile de fond de l’Histoire avec un grand H rend l’intrigue et le héros plus intéressant que si ça se passe « bêtement » à notre époque, il y a plus d’exotisme et de découverte ! Les enquêtes de Bernie Gunther, détective privé dans les années 30 et 40 à Berlin ne pouvaient que m’intéresser, ce contexte particulier est à la fois fascinant et glaçant d, c’est vraiment effrayant de voir comment des gens ordinaires et même des gens « bien » se retrouver embringués dans un système totalitaire…et les enquêtes sont bien menées, elles sont un bel hommage au roman noir classique !

Synospsis :

Bernie Gunther est devenu détective privé après avoir démissionné de la police peu de temps après l’arrivée au pouvoir des nazis. Entre les nombreuses disparitions (notamment de juifs), les meurtres, les trafics…il a de quoi s’occuper ! Mais cet homme qui aime avant tout son indépendance  est parfois obliger d’accepter les compromissions avec des dirigeants nazis pour survivre…

Après une période consacrée aux fictions sur la Première Guerre Mondiale (Dowton Abbey, La Chute des Géants de Ken Follett), j’entame les années 30 et la Seconde Guerre Mondiale avec ce livre ainsi qu’ Un Village Français (je me régale avec la 3ème saison) !

J’ai bien aimé les enquêtes de Bernie qui sont classiques mais efficaces (avec femmes fatales, corruption, trahisons…), mais ce qui m’a le plus intéressé, ce sont les relations de Bernie avec le pouvoir nazi, comment il gérait cette omniprésence de barbarie ordinaire et d’antisémitisme…
Je me suis d’ailleurs rendu compte que je n’avais qu’une connaissance vague des nazis célèbres et en ai profité pour rafraîchir un peu mes connaissances sur Goebbels, Heydrich, Göring…

Et puis, je suis déjà allée plusieurs fois à Berlin, donc j’ai également apprécié de parcourir ses rues, de découvrir les bâtiments qui existaient avant les bombardements…

J’ignorais également à quel point l’après-guerre et la reconstruction avaient été difficile les premières années…

On découvre les dirigeants nazis par petites touches, en montrant aussi leurs aspects plus humains (amitiés, inimitiés…) et les factions au sein du Parti. C’est finalement plus terrifiant de voir qu’ils sont capables d’aimer leurs familles et de s’indigner au sujet de meurtres tout en préparant l’extermination de millions de personnes…

On voit également les diverses réactions de la population berlinoise ordinaire, avec toute la palette de réactions humaines : indifférence (réelle ou feinte), opportunisme, fanatisme, résistance …
Même le héros, qui déteste les nazis, est obligé d’accepter des choses affreuses. Tout comme dans l’URSS stalinienne d’Enfant 44/Kolyma de Tom Rob Smith (ou encore Fatherland de Robert Harris), la cruauté et la paranoïa deviennent ordinaires.

J’ai toujours eu un faible pour les romans qui ont un contexte dramatique : dictatures, dystopies (à condition d’avoir des personnages intéressants et des fin pas trop déprimantes), etc. Il y a une tension permanente, un suspens qu’on ne retrouve pas dans les romans se passant à une époque contemporaine (enfin pas en Occident) !
L’auteur donne une vision très réaliste de la période et a de toute évidence fait des recherches poussées sur la période et les personnes concernées.

De plus, les grands vainqueurs de l’après-guerre ne sont pas idéalisés non plus, loin de là, les Russes comme les Américains.

Les 3 romans se passent à des périodes différentes :

– le premier se passe en 1936 avant les célèbres J.O de Berlin, avec la montée de l’antisémitisme et de la peur

– le second se passe en 1938 avec l’antisémitisme qui monte d’un cran et la course à la guerre

– le troisième se déroule en 1947, en pleine reconstruction allemande avec les prémices de la Guerre Froide

J’ai un faible pour le deuxième avec ses meurtres multiples et son environnement dramatique !

Je lirai sans doute la suite !

Conclusion :

3 romans policiers bien menés avec un héros cynique mais attachants et un contexte historique passionnant et crédible. A lire pour les amateurs de polars et/ou les lecteurs intéressés par la période !

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5 Réponses

  1. Je viens de lire la suite : « Une douce flamme » dans laquelle on retrouve quelques nazis en Argentine… Là encore histoire et fiction se mèlent et j’ai découvert la complicité Péron / Nazis et ne suis plus sûre qu’Evita soit une icône…

  2. […] livre est la suite de La trilogie berlinoise une série de polars historique dans l’Allemagne nazie et d’après-guerre que […]

  3. […] humains… 9)  Hôtel Adlon de Philip Kerr  : j’aime les polars historiques, et la série mettant en scène Bernie Gunther à une époque particulièrement difficile est une vraie réussite […]

  4. […] show, comme trop de séries policières (écrites ou télévisées…) ! Une déception après La trilogie berlinoise  ! L’auteur aurait peut-être du s’en tenir […]

  5. […] La Trilogie berlinoise de Philip Kerr : d’excellents romans policiers historiques qui retranscrivent bien […]

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