Daniel Pennac : un écrivain selon mon coeur !

J’ai découvert Daniel Pennac à 9 ans avec  Kamo et moi, lors d’un long  séjour à l’hôpital.  J’ai été tout de suite conquise (d’autant plus que le héros se retrouve à l’hôpital), et j’ai continué à suivre Pennac jusqu’à aujourd’hui ! Pennac, tout comme Roald Dahl, a écrit à la fois pour les adultes et pour les enfants. Dans les deux versants de son oeuvre, il y a à chaque fois une série-phare : celle de  Kamo pour la littérature jeunesse et la Saga Malaussène pour la littérature adulte.

La série des Kamo (4 livres) : mes premières oeuvres de Pennac et j’ai accroché tout de suite ! J’ai commencé par l’Evasion de Kamo et j’ai dévoré ensuite tous les romans présents en section jeunesse de la bibliothèque ! On y retrouve déjà tous les ingrédients que j’aime chez cet auteur : le quotidien mâtiné de rocambolesque et romanesque à la lisière du fantastique, les personnages truculents et attachants, le style mélangeant le langage familer et soutenu, la tendresse et l’ironie… tout en restant proche de son lectorat ! En plus, on y trouve des correspondances et des cross-overs avec ses romans adultes (La saga Malaussène, Messieurs les enfants) ! Je pense qu’on peut lire cette série à partir de 8/9 ans !  J’ai aussi lu ses deux one-shots : L’oeil du loup et Cabot-Caboche, très sympas aussi et lisibles par des enfants un peu plus jeunes (dès 7/8 ans) !
Je l’avais d’ailleurs rencontré lors d’un salon à Montreuil et j’en garde un excellent souvenir, il était aussi drôle et intéressant que dans ses livres !

Pendant des années, je n’ai pas su qu’il avait d’abord écrit pour les adultes et j’ai regretté qu’il n’ait pas écrit d’autres romans sur Kamo. Le rayon adulte de littérature générale avec ses couvertures monochromes et ses quatrièmes de couvertures inefficaces (soit on ne dit rien de l’histoire et on met des extraits de critiques dithyrambiques, soit on racontre presque toute l’histoire) me rebutait. Certains éditeurs français devraient prendre des cours auprès de leur collègues anglophones ou des éditeurs de SFF !  En effet, je ne lisais que des romans de SF/fantasy, qui eux avaient des couvertures illustrées et des 4èmes efficaces !
Et pour la seule et unique fois, je dois remercier les cours de Français pour une découverte littéraire (incroyable, je sais) ! En effet, il me semble que c’est ma prof de 1ère qui, au milieu des classique naturalistes barbants qui ne m’intéressaient pas, nous a fait étudier un extrait de La Fée Carabine.
 J’ai vite reconnu la patte de l’auteur, et quand j’ai vu qu’il avait écrit pour les adultes, je me suis précipitée sur la Saga Malaussène !

la Saga Malaussène : là encore, l’auteur sait accrocher immédiatement le lecteur avec son ton ironique (voire cynique) et tendre, ses personnages principaux attachants et marquants (la tribu Malaussène, le comissaire Coudrier, Van Thian…)… on y trouve plus de gore et de problèmes sociaux que dans ses romans jeunesse, mais il y a un fond commun ! On a aussi une enquête policière hors-normes dans chaque volume et de nombreux jeux de mots (à commencer par les titres) ! J’adore cet univers, les personnages créés, le ton…je pense que c’est ce que je préfère dans la bibliographie de l’auteur, et je viens de me rendre compte qu’il me reste les 3 derniers volumes à lire ! 🙂

– Ses essais : Comme un roman et Chagrins d’école : d’habitude, je ne lis presque que de la fiction, j’aime qu’on me raconte des histoires et les essais sont trop souvent prétentieux. Ce n’est pas du tout le cas ici ! En effet, on sent le vécu de l’auteur et il n’est pas du tout dogmatique dans ses analyses et les solutions proposées ! On trouve de très nombreuses anecdotes dans ces 2 livres, ce qui les rend très agréable à lire ! Dans le premier, on y parle de comment faire aimer la lecture et Pennac nous propose 10 « Droits imprescriptibles du lecteur » que l’Education Nationale ferait bien d’appliquer ! Et les LCA se reconnaîtront dans les nombreuses tranches de vie racontées par l’auteur (même s’il a des goûts nettement plus classiques que moi : je n’ai pas réussi à rentrer dans Guerre et Paix). Chagrins d’école est largement autobiographique et parle des cancres, du sentiment d’échec scolaire… de manière très juste et pas fataliste !

– ses autres romans : j’ai également lu Messieurs les enfants (bien mais pas autant que la Saga Malaussène), Merci (très drôle au début, mais un peu long au final !) et Le Dictateur et le hamac (bien aimé, sans plus).

Pour en savoir plus sur l’auteur lui-même, je vous invite à aller sur sa page Wikipedia !

Conclusion :

Pour moi, Pennac est clairement un classique de la littérature générale, et moi qui ne suis pas très sensible au style, je trouve le sien délicieux (mais il n’oublie pas l’histoire et les personnages, LUI) ! Un auteur à lire absolument et qu’on ferait bien d’étudier en cours de français, ça serait nettement plus motivant que Zola, Maupassant et autre Balzac…

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6 Réponses

  1. J’aime beaucoup Pennac également, je trouve qu’il sait très bien faire du roman accessible mais intelligent, très pédagogique (on apprend des tas de choses à son insu) et avec une très jolie prose.

    Je l’ai découvert avec l’oeil du loup au CM2, j’ai enchaîné sur Kamo en lisant les Je Bouquine, et je me rappelle d’une dictée sur la Fée Carabine qui m’a donné envie de lire le roman, et ainsi de suite…

    J’ai à peu près tout lu mais j’aime surtout la série Kamo et la saga Malaussène (surtout les premiers, je trouve que le dernier finit par faire réchauffé), et Comme un roman bien sûr. Ses titres de « pure littérature blanche » (le Dictateur et le Hamac et Chagrin d’école) sont sympas mais j’ai du mal à rentrer aussi bien dedans par contre…

  2. Vert : oui, moi aussi je préfère ces 2 grandes séries ! J’ai bien aimé Chagrins d’école (il faut dire que j’ai été prof, c’est peut-être pour ça !), mais Le Dictateur et le hamac ne m’a pas non plus autant séduite que les autres…

  3. Je suis amoureuse de la série Malaussène! Du délire à chaque page.

  4. Perséphone : n’est-ce pas ? Même dans les situations les plus noires, Pennac n’oublie jamais d’y injecter de l’humour et de l’absurde !

  5. C’est drôle, je ne me suis jamais intéressé à ses œuvres du registre jeunesse, je craignais que ce soit un peu trop politiquement correct mais ta façon de le présenter donne envie.

    Par contre, Chagrins d’école fait partie de ma liste d’achat. Sans doute parce que même si j’ai réussi ma scolarité plus qu’honorablement, le système scolaire m’a beaucoup malmenée et que l’un de mes fils est en échec scolaire.

  6. Milathea : bah c’est moins osé que ses livres adultes, mais ce n’est pas gentillet pour autant !

    Oui, Chagrins d’école est passionnant, notre système rigide laisse tellement de monde sur le bas-côté…

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