Parlez-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard

Je lis peu de littérature « blanche », mais j’ai fait une exception pour ce livre car il avait reçu le Goncourt des lycées (qui ont souvent meilleur goût que leurs aînés) et que j’avais vraiment aimé leur choix précédent (Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia )…et puis, il était à la bibli, donc gratuit !

Synopsis :

Le séjour de Michel Ange à Constantinople pour réaliser le pont du Bosphore, des lettres à ses frères, son amitié avec un poète…

Comment dire ? Je me suis demandé au cours de ma lecture si les lycéens du jury n’avaient pas choisi ce livre juste parce qu’il était court (150 pages aérées), c’est dire à quel point j’ai aimé !

Ces 150 pages m’ont paru beaucoup plus longues que les 400 pages des Brigades fantômes que j’avais lues juste avant !

Le problème, c’est qu’il se passe très peu de choses, au final, et que les personnages ne sont pas charismatiques, ils me sont restés extérieurs, passifs et mal définis. Sachant que ce que je recherche avant tout dans un livre, c’est une bonne histoire (avec du suspens, des rebondissements…) et des personnages charismatiques, c’était totalement raté !

La seule chose qui m’a un tout petit peu intéressée, c’est d’apprendre quelques détails sur cette époque pour faire des comparaisons avec la trame historique des Conjurés de Florence (et puis, il fallait bien s’occuper pendant que j’attendais désespéremment que l’histoire commence !) ! Mais décidement, cette époque a donné naissance à une littérature qui n’est pas pour moi !

Enfin, le style ne m’a pas du tout parlé ! L’auteur n’a pas réussi à  rendre la splendeur et la vie de cette Constantinople, j’ai trouvé ces passages finalement très descriptifs, sans parler des listes de fournitures et de cours de Michel Ange ! Il y a également des passages qui tentent d’établir des parallèles pseudo poético-philosophico-tragiques entre la vie de l’artiste et de celle qui passe la nuit avec, mais j’ai trouvé ça totalement artificiel !

Même la couverture manque d’imagination à mon goût, très factuelle ! Finalement, elle représente bien le livre ! C’est une tranche de vie où il ne passe pas grand-chose, hormis quelques tentatives de réflexions existentielles (toalement loupées selon moi) !

Spoilers sur la fin

Là encore, elle ne m’a pas du tout plu ! L’intrigue sur l’assassinat de Michel Ange est résolue en 3 coups de cuillère à pot (ou de dagues, en l’occurrence !) et on ne sait jamais qui voulait le faire assassiner ! Quand aux récits sur la mort de Michel Ange, le poète qui l’a sauvé et le sultan, ça aurait eu sa place en cours d’histoire, pas dans un roman…

L’auteur ne nous parle finalement quasiment pas de batailles, de rois ou d’éléphants, il nous décrit minute par minute le quotidien de l’artiste dans la cité, et c’est mortellement ennuyeux ! Il aurait mieux fait de respecter le proverbe du début du livre !

Conclusion :

Ne m’en parlez pas ! Désolée, vous connaissez mon amour des jeux de mots pourris/faciles très recherchés ! Un roman assez vain, contemplatif et sans fin satisfaisante et dont le style oscille entre le livre d’histoire, l’hyper-factuel (les listes de courses…) avec des tentatives de profondeur manquées. Mais bon,  je connais quelqu’un qui a adoré (elle a des goûts assez contraires aux miens), donc si vous aimez les romans lents, sans vraie fin et avec très peu de dramatisation (pour une histoire plus palpitante), vous pourriez apprécier ! Pour les autres qui souhaitent lire de la littérature générale « sérieuse », je ne saurais trop vous conseiller de lire Le Club des incorrigibles optimistes : l’auteur n’y a pas oublié l’histoire, les personnages hauts en couleur qui interagissent, les moments d’ironie dramatique et de tragédie émouvante…

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5 Réponses

  1. Ah mince ma mère veut à tout prix que je le lise celui-là xD
    En même temps les romans lents ne me dérangent pas, je vais peut être aimer…

  2. Vert : bah si c’était lent, mais qu’il se passait quand même quelques chose, ou que le style aidait à faire passer un peu de poésie, ça aurait été, mais là non, il n’y a rien pour rattraper ce roman !

    Mais bon, si tu es « forcée » de le lire, j’espère qu’il te plaira quand même !

  3. Ah, j’avais pour ma part beaucoup aimé. Mais bon, il ne faut pour tous les goûts, hein!

  4. Karine : eh oui, les goûts et les couleurs..mais je ne suis que rarement en phase avec la littérature générale adulte, où il y a trop souvent peu d’intrigue,des personnages peu sympathiques, un contexte trop quotidien…

  5. […] de Mathias Enard : Encore un livre de littérature générale (critique complète ici)j’avais adoré le Goncourt lycéen précédent (Le club des incorrigibles optimistes) et […]

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