La ballade de Lila K de Blandine Le Callet

J’ai fini il y a peu ce roman de SF qui ne dit pas son nom mode sarcasme on c’est vrai quoi ! Un roman qui parle d’un futur proche où l’état contrôle tout, où il y a une séparation géographique entre élites et classes les plus pauvres, ça ne peut pas être de la SF, il n’y a même pas de vaisseau spatiaux, de robots ou de méchants aliens ! Mode sarcasme off. Enfin, si ça permet de faire découvrir ce roman de SF à un nouveau public, ça sera toujours ça de pris !

Synopsis :

Nous suivons le parcours de Lila, élevée dans un centre gouvernemental après avoir été enlevée à sa mère. Elle y arrive sévèrement blessée et traumatisée. Elle y est très surveillée et tout est fait pour qu’elle rentre dans le moule et qu’elle devienne « normale » pour s’intégrer facilement. Mais Lila refuse d’oublier sa mère et accepte mal le système strict du centre et de la société…

Nous somme évidemment dans une dystopie qui fait un peu penser à 1984 (pour la surveillance à outrance) ou Le Meilleur des Monde (pour les moules sociaux imposés pour le « bien commun »), ou même à Bienvenue à Gattaca (surveillance médicale et manipulations génétiques) ou même Wang pour le mur qui sépare Paris de la Zone.

Nous suivons le parcours personnel de Lila et découvrons son univers petit à petit par bribes.

Lila a un style bien à elle, mélange d’érudition (elle est surdouée) et d’expressions vulgaires (par rébellion).

Je suis rentrée assez rapidement dans l’histoire que j’ai trouvée prenante.

C’est avant tout un parcours personnel qu’on suit : on ne voit pas vraiment de grand mouvement de révolte organisé, et Lila « se contente » de petites rébellions secrètes. On est vraiment dans la tête de l’héroïne, tout le roman est en fait son journal.

Lila est un personnage intéressant qui mêle une volonté de fer à des faiblesses et des blessures profondes et des étrangetés.

C’est donc exclusivement par son intermédiaire qu’on découvre cet univers proche du nôtre. On est en France, à Paris, et les déshérités ont été repoussés dans « la Zone » (les banlieues lointaines) et ne peuvent venir à Paris que pour y travailler.

C’est une société qui a totalement sacrifié les libertés personnelles au nom de la sécurité et de la bienpensance : les caméras sont partout y compris chez les gens, on analyse les urines pour vérifier qu’il n’y ait pas eu absorption de substances nocives (drogues, alcool et tabac), on impose un régime alimentaire et un nombre moyen d’orgasmes par semaine (avec le « nécessaire » fourni !), bébés parfaits et avortements médicaux forcés dans le cas contraire…Le côté pseudo-démocratique et bien commun/sécurité m’a aussi évoqué le très bon roman d’Alain Damasio La Zone du Dehors !

La censure est évidemment ultra-présente et on profite de la numérisation pour effacer toutes traces de contestations (cette fois on s’approche de Farenheit 451 !). Il y a un côté anti-technologique que j’ai trouvé un peu simpliste : l’électronique, c’est mal, on peut tout modifier sans que l’on se rende compte de rien. Tout d’abord, il y a quand même des traces des modifications, et c’est assez étonnant que personne ne puisse cacher une copie électronique plus ancienne et authentique, d’autant plus qu’Internet existe toujours (même s’il est « civilisé » et contrôlé par le gouvernement qui efface des choses, il y a des informations non-censurées qui passent !). Et puis, j’ai appris avec Le Club des Incorrigibles Optimistes qu’on pouvait modifier une photo ou un format papier sans que ça se voit sauf examen d’experts !

C’est donc une dystopie dérangeante de réalisme que nous propose l’auteur aux travers des yeux de Lila : elle n’accentue qu’un peu des tendances actuelles de la société.

Spoilers sur la fin du roman

L’histoire a évidemment une tonalité sombre du simple fait d’être dans une société si oppressante et oppressive. Cependant, j’ai mieux accepté cette fin que celle de 1984 ou du Meilleur des Mondes et je l’ai trouvée moins déprimante.

Si le suicide tacite de l’héroïne est clair, elle n’a jamais cédé au système, elle s’est battue jusqu’au bout et est restée fidèle à ce qu’elle était. Même ce suicide est un acte de rébellion dans cette société qui voudrait « sauver » les anormaux d’eux-mêmes. De plus, il y a des signes extérieurs de révolte : déménagements dans la Zone, moins de surveillance.

Je trouve cependant un peu frustrant de ne pas pouvoir voir cet univers évoluer : enfin, c’est la limite du format journal !

Conclusion :

Une dytopie sombre qui rappelle de nombreux romans de SF et un parcours personnel touchant, ce roman dénonce les principaux travers de nos sociétés occidentales. Si la dystopie de ce roman est réaliste, elle n’est pas particulièrement originale pour les amateurs de SF, mais le ton et le style sont vraiment réussis ! Le personnage principal est évidemment inadapté et rebelle, et l’écriture nous la attachante. Peut-être pas un coup de coeur absolu à cause de la fin et du fait que j’aurais aimé en apprendre plus sur l’univers entrevu par les yeux de l’héroïne.

Une belle découverte donc !

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5 Réponses

  1. je note ! ton billet me donne vraiment envie de découvrir ce livre.

  2. Merci ! J’espère que tu apprécieras !

  3. Deuxième avis que je vois, ça donne bien envie… menfin je dis ça pour tellement de livres que je finis par oublier lesquels je veux lire xD

  4. En tant que lectrice boulimique avec une PAL bien remplie, j’ai le même problème ! xD

  5. […] les avis de JainaXF, L’Express, Keisha, Sandrine, Clara, […]

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