Louis Sachar : The Cardturner

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Quelle, surprise, le premier roman de la liste est le roman jeunesse (et le dernier livre de Louis Sachar, qui a écrit Le Passage) ! 😉 Mais bon, les deux autres étaient des nouvelles/suites d’annecdotes, c’est plus facile de s’arrêter ! Et en plus, celui-là était plus pratique à amener dans le métro !

L’histoire : Alton est un adolescent de 17 ans assez ordinaire avec ses problèmes amoureux et à la recherche d’un job pour l’été. Aussi n’est-il pas particulièrement ravi quand il est plus ou moins forcé de servir de chauffeur et « cardturner » (donneur de cartes ?) pour son vieil oncle riche (sa mère est particulièrement pour !) à son club de bridge. Mais il va aller de surprises en surprises…

En dire plus serait vous gâcher le plaisir de la découverte ! J’ai beaucoup aimé ce roman, malgré un sujet de départ (le bridge) qui m’a laissé dubitative. Mais l’auteur sait que peu de gens connaissent le bridge et parvient assez bien à rendre le suspens des parties. Il donne de nombreuses explications techniques, mais le lecteur peut choisir de les sauter pour lire un résumé de 2/3 lignes.
Ca m’a presque donner envie d’essayer de jouer, ou de réessayer le tarot, dont les principes sont assez proches : enchères qui jouent sur la stratégie à employer durant le jeu. Le bridge semble être un mélange de pocker (enchères, tentative de deviner ce que l’adversaire possède) et de stratégie à long terme comme aux échecs (pour obtenir le meilleur score possible).
Et puis, le bridge sert surtout à mettre en scène des personnages excentriques, des secrets de famille, des drames, des romances… Ce  roman me fait penser à la série Friday Night Lights, sur une équipe de football américain dans une petite ville texane : le sport est présent, mais on s’intéresse surtout aux personnages, à leurs problèmes familiaux, leurs relations…
C’est la même chose ici.

C’est avant tout un roman d’apprentissage, avec un personnage assez passif au départ mais qui change peu à peu. C’est Alton qui est censé avoir écrit ce roman, et l’auteur réussit bien à créer un style crédible pour un adolescent et agréable à lire. On retrouve la patte de l’auteur, son humour, ses histoires à plusieurs époques, ses éléments disparates mais qui sont liés… Je n’ai pas autant aimé ce roman que Le Passage, mais j’ai apprécié et j’ai même ressenti le suspens lors de parties de bridge difficiles !

Ce que j’admire aussi chez cet auteur, c’est sa capacité à mêler le quotidien et le fantastique de manière parfaitement bien amenée.
Par ailleurs, l’auteur aborde aussi en filigrane des sujets graves, comme les préjugés, le matérialisme, la maltraitance… sans sombrer dans le misérabilisme pour autant, au contraire, on a un roman enlevé et assez optimiste !
Bref je vous conseille de découvrir ce roman si vous pouvez lire en anglais (il n’y a pas encore de date pour la traduction française) !

 

Pour finir, étant donné que « Le jeudi c’est citation » pour plusieurs blogs littéraires (Chiffonnette et Isil aujourd’hui), en voici une tiré du roman (l’auteur l’a lui même tiré d’un roman de Steinbeck) que je trouve jolie, juste et triste :

« It has always seemed strange to me…The things we admire in men, kindness and generosity, openness, honesty, understanding and feeling, are the concomitants of failure in our system. And those traits we detest, sharpness, greed, acquisitiveness, meanness, egotism and self-interest, are the traits of success. And while men admire the quality of the first they love the produce of the second. »
– John Steinbeck, Cannery Row

Traduction de mon cru :  » Ca m’a toujours semblé étrange… Les choses que l’on admire chez l’Homme, la gentillesse et la générosité, l’ouverture, l’honnêteté, la compréhension et la compassion sont concomitants à l’échec dans notre système. Et ces traits que l’on déteste, la brutalité, l’avarice, la rapacité, la méchanceté, l’égotisme et l’égoisme sont les traits du succès. Etr tandis que les hommes admirent la qualité des premières, ils adorent ce que produisent les seconds. »
– John Steinbeck, Rue de la Sardine

 


P.S. : prochaines lectures programmées pour entamer mes challenges : une uchronie (Pavane de Keith Roberts, La Lune seule le sait de Joahn Heliot ou Voyageurs de Neil Asher ainsi qu’une nouvelle de Sherlock Holmes en VO.

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