Ecriture et utilisation de backgrounds en JDR : la quadrature du cercle ?

Premier post sur le jeu de rôle (JDR). Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’un jeu de société où une personne (le maître de jeu ou MJ) raconte une histoire dont les autres joueurs (personnages-joueurs ou PJ) sont les héros. C’est interactif, le MJ doit adapter/changer son histoire suivant ce que font les PJ et joue les autres personnages rencontrés (personnages non-joueurs ou PNJ). Les PJ ont une feuille où est marqué leurs compétences En cas d’action incertaine, on jette des dés et on ajoute le niveau de compétence pour voir si l’action est réussie.

Pour plus de détails allez voir ici : http://www.ffjdr.org/jdr/definitions


Dans notre groupe, on joue la plupart du temps en campagne, sorte de série avec ennemi(s) récurrent(s), relations entre personnages qui se développent, mythologie et intrigue qui court sur plusieurs scénarios …

Du coup, comme dans une série, c’est mieux si les PJ arrivent déjà en ayant un passé, des ennemis/alliés potentiels, des secrets … et le MJ demande donc à ses joueurs d’écrire un historique ou background, pour la campagne à venir.

Plusieurs problèmes peuvent se poser., souvent dus aux différentes attentes de chacun.


Première chose : qu’est-ce qu’un bon background ? Un texte factuel donnant quelques pistes au MJ pour le personnage ? Un texte agréable à lire (travail sur la forme) ? Quelque chose de très complet avec recherches poussées sur l’univers du JDR avec noms et photos de PNJs, pays/planètes Doit-on le faire en commun pour faciliter la cohésion du groupe ?

Chaque joueur va répondre différemment, et pas toujours de la même manière suivant le jeu.

Personnellement, je m’adapte autant que possible aux conventions de l’univers, mais j’ai tendance à aimer travailler la forme de mon background. J’aime écrire (c’est mon côté écrivain velléitaire), et le background me donne l’occasion de le faire en me posant des limites, un peu comme une rédaction (si je n’ai pas de sujet, j’ai du mal à me décider sur quoi écrire). Quand j’ai le temps, je fais donc des backgrounds assez longs et en m’essayant à diverses formes : journal intime, style épistolaire … Et puis, j’aime les belles histoires, donc j’en profite pour écrire le type d’histoire qui me plait et ainsi m’attacher déjà à mon futur PJ. Je demande d’abord au MJ s’il est d’accord pour lire un background long, sinon, je suis prête à faire un résumé factuel des éléments importants de l’histoire.

De ce fait, je laisse des pistes à exploiter pour le MJ, de potentiels « love interests »(potentiels petits amis), des rivaux ou ennemis mortels …mais ne le dit pas toujours explicitement pour rester dans l’histoire et son format. Je laisse la fin ouverte (on va commencer une campagne), mais j’ai bien souvent déjà une idée de la direction que j’aimerais voir le personnage prendre.

Mais le MJ a déjà sa propre histoire en tête, et le background d’un joueur ne rentre pas forcément facilement dans cette histoire. De plus, il faut bien prendre en compte les backgrounds des autres joueurs, et ces derniers ne sont pas toujours facilement compatibles ! Le joueur doit donc parfois faire des compromis pour mieux s’intégrer à la campagne ou au groupe (un assassin et un paladin ensemble, ou un policier et un noble et un révolutionnaire ne peuvent pas vraiment jouer ensemble !). Après, il faut espérer que le background inspire le MJ, que la campagne permettra l’utilisation d’éléments du background du joueur. Et puis, va-t-il comprendre l’implicite du background, les souhaits non-exprimés du joueur ? Pas forcément, ce qui semblait évident au joueur pourra paraître n’être qu’un détail mineur au MJ, qui n’est pas dans la tête du joueur et n’a pas forcément les même références ! Mieux vaut donc discuter en détails de son historique avec le MJ pour être sûr de bien être sur la même longueur d’onde ! Et il vaut mieux éviter d’avoir un personnage aux compétences proches, sous peine de se sentir frustré, de voir l’autre PJ avoir de meilleurs compétences …

Évidemment, il ne sert à rien d’écrire un background dans l’espoir d’obtenir de l’équipement ou des avantages supplémentaires : très peu de MJ l’accepteront ! Pour ma part, je fais plutôt l’inverse, je me crée des ennemis, des tragédies … ça fait des meilleures histoires, et on commence en général la campagne en bas de l’échelle, sans trop de pouvoir ou de réputation, alors autant le justifier !

Ensuite vient le « retour au monde réel ». Quand on écrit un background on est seul devant son écran, on peut imaginer (presque) tout ce qu’on veut, être doué dans les compétences voulues … Dans le jeu, on ne démarre pas avec des compétences de champions (on commence souvent comme jeune aventurier) et on trouve donc beaucoup de gens plus doués que soi ! Sans compter les jets de dés, certains Pjs sont clairement maudits ! 😉

Ensuite, dans le background, le PJ était le personnage principal, le héros. Dans le jeu, il y a 3 à 5 autres personnes pour partager ce rôle ! Et dans un groupe, il y a souvent une ou deux personnes qui prennent presque systématiquement le rôle de leader, négociateur charismatique, porte-parole du groupe … Si le personnage est sensé être très charismatique mais que le joueur ne l’est pas, ça risque d’être frustrant pour le joueur de ne pas pouvoir faire de roleplay à la hauteur de son imagination, ou d’avoir les autres plus charismatiques lui faire des suggestions à côté (« pourquoi tu lui dis pas que … ») ! Le background ne sert plus à rien dans ce cas-là. Bon, en général, on joue avec un groupe régulier et chacun a trouvé sa place comme PJ et sait ce dans quoi il est doué mais moi qui ne suis pas aussi charismatique que d’autres dans mon groupe, ce n’est pas facile de jouer des personnages basés sur le social, même avec un super background !

Pour le MJ, il faut prendre en compte 4,5 voire 6 histoires différentes avec leurs éléments à exploiter, leurs PNJ … sans oublier la trame principale de sa campagne ! Ce n’est pas facile de prendre en compte tous ses éléments et de faire tourner et mêler les différents backgrounds. Le plus, simple, c’est d’avoir des Pjs tous liés au départ. C’est le cas dans ma campagne d’Exil où les joueurs sont très soudés et où j’ai réussi à leur donner à tous différents loves interests suivant leurs PJ. J’ai essayé d’inclure tous les backgrounds dans ma campagne d’Humanydyne, mais on est dans un passage où seuls deux backgrounds comptent pour l’instant. J’ai fais jouer le background d’une autre PJ auparavant, mais il y a un PJ dont je n’ai pas trop exploité le background. C’était un background léger (il me laissait beaucoup de choix et me donnait peu d’éléments concrets) et avec tous les autres historiques que j’avais déjà à gérer, je l’ai un peu laissé en suspens pour le moment.

Pour cela les conventions sont une bonne occasion de jouer avec des joueurs inconnus et/ou moins expérimentés et de pouvoir plus facilement joueur le négociateur, imposer ses idées/plans … Il y a toute une dynamique sociale dans un groupe régulier de JDR qui reste la même dans la plupart des jeux suivant la personnalité des joueurs et les conventions sont l’occasion d’en changer, de voir d’autres styles de maîtrise …

 

Donc pour conclure, il faut un background détaillé mais qui laisse de la liberté au MJ, pas trop court mais pas trop long non plus, dont le PJ est le personnage principal avec ses particularités mais qui pourra s’adapter au groupe et en tenant compte des personnages déjà présents …

Tandis que le MJ doit gérer sa campagne, tous les backgrounds, les exploiter tous autant que possible (pas seulement pour torturer les joueurs, et si possible dans la direction qu’ils aimeraient sans toujours le dire de manière claire !) et les intégrer de manière organique à sa campagne sans leur faire perdre leur saveur particulière … Mission impossible ? Je crois qu’il faut savoir faire des compromis (MJ ou PJ) et attendre son tour pour voir son background mis en vedette. Malgré tout, je crois qu’il n’y a aucune campagne 100% parfaite où tous les backgrounds sont exploités de la même manière et comme le voudraient chacun des Pjs qui l’ont écrit. Mais on s’améliore au fur et à mesure, et on peut créer des campagnes très sympas quand même avec des historiques globalement bien utilisés !

N’hésitez pas à donner votre avis, en particulier les rôlistes pratiquants !

Premier post sur le jeu de rôle (JDR). Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’un jeu de société où une personne (le maître de jeu ou MJ) raconte une histoire dont les autres joueurs (personnages-joueurs ou PJ) sont les héros. C’est interactif, le MJ doit adapter/changer son histoire suivant ce que font les PJ et joue les autres personnages rencontrés (personnages non-joueurs ou PNJ). Les PJ ont une feuille où est marqué leurs compétences En cas d’action incertaine, on jette des dés et on ajoute le niveau de compétence pour voir si l’action est réussie.

Pour plus de détails allez voir ici : http://www.ffjdr.org/jdr/definitions

 

Dans notre groupe, on joue la plupart du temps en campagne, sorte de série avec ennemi(s) récurrent(s), relations entre personnages qui se développent, mythologie et intrigue qui court sur plusieurs scénarios …

Du coup, comme dans une série, c’est mieux si les PJ arrivent déjà en ayant un passé, des ennemis/alliés potentiels, des secrets … et le MJ demande donc à ses joueurs d’écrire un historique ou background, pour la campagne à venir.

Plusieurs problèmes peuvent se poser., souvent dus aux différentes attentes de chacun.

Première chose : qu’est-ce qu’un bon background ? Un texte factuel donnant quelques pistes au MJ pour le personnage ? Un texte agréable à lire (travail sur la forme) ? Quelque chose de très complet avec recherches poussées sur l’univers du JDR avec noms et photos de PNJs, pays/planètes Doit-on le faire en commun pour faciliter la cohésion du groupe ?

Chaque joueur va répondre différemment, et pas toujours de la même manière suivant le jeu.

Personnellement, je m’adapte autant que possible aux conventions de l’univers, mais j’ai tendance à aimer travailler la forme de mon background. J’aime écrire (c’est mon côté écrivain velléitaire), et le background me donne l’occasion de le faire en me posant des limites, un peu comme une rédaction (si je n’ai pas de sujet, j’ai du mal à me décider sur quoi écrire). Quand j’ai le temps, je fais donc des backgrounds assez longs et en m’essayant à diverses formes : journal intime, style épistolaire … Et puis, j’aime les belles histoires, donc j’en profite pour écrire le type d’histoire qui me plait et ainsi m’attacher déjà à mon futur PJ. Je demande d’abord au MJ s’il est d’accord pour lire un background long, sinon, je suis prête à faire un résumé factuel des éléments importants de l’histoire.

De ce fait, je laisse des pistes à exploiter pour le MJ, de potentiels « love interests »(potentiels petits amis), des rivaux ou ennemis mortels …mais ne le dit pas toujours explicitement pour rester dans l’histoire et son format. Je laisse la fin ouverte (on va commencer une campagne), mais j’ai bien souvent déjà une idée de la direction que j’aimerais voir le personnage prendre.

Mais le MJ a déjà sa propre histoire en tête, et le background d’un joueur ne rentre pas forcément facilement dans cette histoire. De plus, il faut bien prendre en compte les backgrounds des autres joueurs, et ces derniers ne sont pas toujours facilement compatibles ! Le joueur doit donc parfois faire des compromis pour mieux s’intégrer à la campagne ou au groupe (un assassin et un paladin ensemble, ou un policier et un noble et un révolutionnaire ne peuvent pas vraiment jouer ensemble !). Après, il faut espérer que le background inspire le MJ, que la campagne permettra l’utilisation d’éléments du background du joueur. Et puis, va-t-il comprendre l’implicite du background, les souhaits non-exprimés du joueur ? Pas forcément, ce qui semblait évident au joueur pourra paraître n’être qu’un détail mineur au MJ, qui n’est pas dans la tête du joueur et n’a pas forcément les même références ! Mieux vaut donc discuter en détails de son historique avec le MJ pour être sûr de bien être sur la même longueur d’onde ! Et il vaut mieux éviter d’avoir un personnage aux compétences proches, sous peine de se sentir frustré, de voir l’autre PJ avoir de meilleurs compétences …

Évidemment, il ne sert à rien d’écrire un background dans l’espoir d’obtenir de l’équipement ou des avantages supplémentaires : très peu de MJ l’accepteront ! Pour ma part, je fais plutôt l’inverse, je me crée des ennemis, des tragédies … ça fait des meilleures histoires, et on commence en général la campagne en bas de l’échelle, sans trop de pouvoir ou de réputation, alors autant le justifier !

Ensuite vient le « retour au monde réel ». Quand on écrit un background on est seul devant son écran, on peut imaginer (presque) tout ce qu’on veut, être doué dans les compétences voulues … Dans le jeu, on ne démarre pas avec des compétences de champions (on commence souvent comme jeune aventurier) et on trouve donc beaucoup de gens plus doués que soi ! Sans compter les jets de dés, certains Pjs sont clairement maudits ! 😉

Ensuite, dans le background, le PJ était le personnage principal, le héros. Dans le jeu, il y a 3 à 5 autres personnes pour partager ce rôle ! Et dans un groupe, il y a souvent une ou deux personnes qui prennent presque systématiquement le rôle de leader, négociateur charismatique, porte-parole du groupe … Si le personnage est sensé être très charismatique mais que le joueur ne l’est pas, ça risque d’être frustrant pour le joueur de ne pas pouvoir faire de roleplay à la hauteur de son imagination, ou d’avoir les autres plus charismatiques lui faire des suggestions à côté (« pourquoi tu lui dis pas que … ») ! Le background ne sert plus à rien dans ce cas-là. Bon, en général, on joue avec un groupe régulier et chacun a trouvé sa place comme PJ et sait ce dans quoi il est doué mais moi qui ne suis pas aussi charismatique que d’autres dans mon groupe, ce n’est pas facile de jouer des personnages basés sur le social, même avec un super background !

Pour le MJ, il faut prendre en compte 4,5 voire 6 histoires différentes avec leurs éléments à exploiter, leurs PNJ … sans oublier la trame principale de sa campagne ! Ce n’est pas facile de prendre en compte tous ses éléments et de faire tourner et mêler les différents backgrounds. Le plus, simple, c’est d’avoir des Pjs tous liés au départ. C’est le cas dans ma campagne d’Exil où les joueurs sont très soudés et où j’ai réussi à leur donner à tous différents loves interests suivant leurs PJ. J’ai essayé d’inclure tous les backgrounds dans ma campagne d’Humanydyne, mais on est dans un passage où seuls deux backgrounds comptent pour l’instant. J’ai fais jouer le background d’une autre PJ auparavant, mais il y a un PJ dont je n’ai pas trop exploité le background. C’était un background léger (il me laissait beaucoup de choix et me donnait peu d’éléments concrets) et avec tous les autres historiques que j’avais déjà à gérer, je l’ai un peu laissé en suspens pour le moment.

Pour cela les conventions sont une bonne occasion de jouer avec des joueurs inconnus et/ou moins expérimentés et de pouvoir plus facilement joueur le négociateur, imposer ses idées/plans … Il y a toute une dynamique sociale dans un groupe régulier de JDR qui reste la même dans la plupart des jeux suivant la personnalité des joueurs et les conventions sont l’occasion d’en changer, de voir d’autres styles de maîtrise …

Donc pour conclure, il faut un background détaillé mais qui laisse de la liberté au MJ, pas trop court mais pas trop long non plus, dont le PJ est le personnage principal avec ses particularités mais qui pourra s’adapter au groupe et en tenant compte des personnages déjà présents …

Tandis que le MJ doit gérer sa campagne, tous les backgrounds, les exploiter tous autant que possible (pas seulement pour torturer les joueurs, et si possible dans la direction qu’ils aimeraient sans toujours le dire de manière claire !) et les intégrer de manière organique à sa campagne sans leur faire perdre leur saveur particulière … Mission impossible ? Je crois qu’il faut savoir faire des compromis (MJ ou PJ) et attendre son tour pour voir son background mis en vedette. Malgré tout, je crois qu’il n’y a aucune campagne 100% parfaite où tous les backgrounds sont exploités de la même manière et comme le voudraient chacun des Pjs qui l’ont écrit. Mais on s’améliore au fur et à mesure, et on peut créer des campagnes très sympas quand même avec des historiques globalement bien utilisés !

N’hésitez pas à donner votre avis, en particulier les rôlistes pratiquants !

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