Doctor Who : A Christmas Carol (Spoilers !)

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Tout l’article est évidemment bourré de spoilers si vous n’avez pas vu le dernier Christmas Special diffusé hier sur la BBC !

Alors, l’histoire en deux mots : Rory et Amy sont sur un vaisseau spacial au 40ème siècle pour leur lune de miel. Le seul problème, c’est que le vaisseau est coincé au milieu des nuages, dans une tempête violente, et va se crasher si elle ne s’arrête pas. C’est là qu’intervient le Docteur : il découvre que quelqu’un maîtrise le temps sur cette planète au décors proche d’un Londres victorien mâtiné d’une peu de SF délirante ! Le problème, c’est que cette personne est égoïste et méchante et se fiche que des milliers de personnes meurent ! Le octeur va devoir se charger de changer son point de vue en prenant appui sur le classique de Dickens …

J’ai absolument adoré ce Chrismtas Special, je crois que c’est même mon préféré de tous les Christmas Specials ! Pourtant, quand j’ai accidentellement eu vent de l’intrigue basé sur Un Conte de Noël de Dickens, j’ai eu peur que ça ne soit qu’une énième redite artificielle du célèbre classique ! Mais non, Moffat est vraiment génial et nous offre un épisode plein d’émotions et plus représentatif de l’esprit de Noël que les Christmas Specials précédents.

En effet, trop souvent, quand on s’inspire/rend hommage à un classique, ce dernier n’existe pas dans le monde de la fiction et l’hommage devient alors une pâle copie de l’original. Ici, ce n’est pas du tout le cas : le Docteur décide de s’inspirer du classique, le déclare clairement et fait ainsi un clin d’oeil méta-fictionnel dans l’épisode ! Et puis le fait de pouvoir voyager dans le temps aide à renouveler l’intrigue : il change carrément le cours de la ligne temporel de Sadik pour le faire devenir une personne différente ! Du coup,  le côté moraliste est moins direct et apparent, et l’histoire plus intéressante !

Le Docteur choisit aussi de ne pas avoir une approche à la « The oncoming storm », parce qu’il a vu qu’il y avait encore du bon chez Sadik. C’est pour cette raison, et parce qu’il a réussi à jouer avec le temps avec succès dans le final de la saison 5, qu’il se décide à tenter de changer le cours du temps plutôt que d’avoir une approche plus directe. L’épisode contient beaucoup de « timey-wimey » mais réussit à retomber à peu près sur ses pieds (le fait que le père ne donne pas le contrôle de la machine à Kasran quand celui-ci a trop changé dans le passé), et l’émotion nous emporte et nous fait accepter certaines manipulations un peu hasardeuses !

Le personnage de Kasran Sadik est vraiment touchant et bien développé au cours de l’épisode. L’enfance malheureuse et le père abusif sont des éléments qui fonctionnent toujours bien pour provoquer l’empathie chez le téléspectateur, après avoir provoqué sa haine dans les 10 premières minutes !

Le plan du Docteur, improvisé sur l’inspiration du moment, a des conséquences imprévues et tragiques : on devine très vite qu’Abigail est condamnée, et qu’il y aura une histoire d’amour… Cette partie de l’intrigue m’a d’ailleurs fait pensé à La Reine des Neiges (un conte d’Andersen) où Abigail/Gerda dégèle le coeur de Kasran/Kay (et le gèle à nouveau par son absence et sa mort inéluctable). Elle lui montre également (et donc à nous aussi) les vraies valeurs de Noël : famille, chaleur humaine, Amour… plutôt que le matérialisme ! Et puis, elle joue bien et chante absolument magnifiquement (normal, c’est une chanteuse qui a été choisie exprès pour le rôle !) !

Bref, j’ai beaucoup aimé cette histoire d’amour condamnée d’avance et l’ironie du destin (le vieux Kasran disant qu’elle est quelqu’un sans aucune importance avant d’apprendre à la connaître dans sa nouvelle ligne temporelle). On voit aussi que le Docteur a retenu la leçon de Waters of Mars sur les « little people » ! L’histoire de Kasran et d’Abigail m’a évoquée d’autres histoires d’amour condamnée : Roméo et Juliette, Entre deux rives (même s’il y a un retournement de situation à la fin), Lyra et Will…
Elle est poétique et nous rapelle aussi de l’importance de vivre sa vie pleinement, plus encore devant l’inéluctabilité de la mort ! Leur histoire se termine d’ailleurs sur une note à la fois belle et triste avec leurs brèves retrouvailles heureuses !  Il y a aussi la tristesse contenue dans le regard du Docteur quand après avoir dit à Kasran qu’il valait mieux avoir un coeur et le voir brisé que de ne pas en avoir du tout et que Kasran lui dit d’essayer ! Ca parle évidemment à mon côté romantique !

Les décors sont un autre point positif : ils sont superbes ! Le Londres victorien et rétrofuturiste en particulier (même si le vaisseau à la Star Trek est sympa aussi), avec le brouillard, les poissons volants, l’intérieur dickensien de Sadik….

L’humour et l’action ne sont pas oubliés pour autant : les clins d’oeil des costumes d’Amy et Rory, les allusions du Docteur à Noël et à ses figures mythiques, son « mariage » avec Marylin, l’attaque du requin puis les tour en traîneau tiré par le même requin, des dialogues savoureux (j’aime bien les dialogues entre le Docteur et le jeune Kasran sur les relations et la manière de se comporter avec une fille !) !

 

Pour conclure, c’est un excellent épisode qui exploite pleinement les valeurs traditionnelles de Noël sans être mièvre et en gardant son identité ! J’aimais bien ceux de Davies (à part Voyage of the Damned que j’ai trouvé lourd et avec un personnage-boulet de blonde), mais ça restait des épisodes à grand spectacle avec des allusions à Noël. Celui-là exploite vraiment la fête, qui est au coeur de l’intrigue, et est aussi intimiste et plein d’émotion !

Voici d’ailleurs un pettit classement des épisodes de Noël :

1) A Christmas Carol, pour toutes les raisons évoquées
2) The End of Time : bon Noël est vraiment secondaire ici, l’ambiance est au tragique vu que c’est la fin de Ten ! Mais l’émotion est très bien rendue, Bernard Cribbins est extraordinaire, je suis contente d’avoir entraperçu les Time Lords et d’avoir revu le Maître …et Tennant a été vraiment magistral tout au long de ces deux épisodes !
3) The Runaway Bride, pour l’introduction du personnage de Donna et la poursuite en TARDIS, vraiment sympa et drôle et qui n’oublie pas le deuil de Rose !
4) The Christmas Invasion/The Next Doctor : le premier pour l’introduction réussie de Ten (même si le scénario n’est pas inoubliable), le second pour David Morrisey, le décors et l’ambiance victorienne (même si le Cyber King en faisait un peu trop !)
5) Voyage of the Damned : quelques très bons moments épiques et humoristiques (« I’m a Time Lord .. », « Allons-y Alonzo » !), mais plombé par le personnage cliché de Kylie Minogue (et le comportement du Docteur après ce qui s’est passé avec Martha n’est pas logique pour 2 sous !) et un scénario vraiment trop basique (film-catastrophe, un genre que je n’aime pas trop).

 

 

 

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